Histoire insolite des églises de Léojac

Lorsqu’on circule sur la D70 à hauteur des Farguettes, à la limite du territoire de la commune de Montauban, on est immanquablement interpellé par une haute structure qui s’impose au milieu des herbes hautes. Ce squelette de béton n’est autre que celui de l’église inachevée Sainte-Thérèse. À quelques mètres seulement, on découvre un autre édifice religieux, aux dimensions bien plus modestes : l’église de Léojac, dédiée à Saint-Symphorien, dont l’histoire est intimement liée à celle de son imposante voisine. Particularité, ces deux églises de Léojac sont sur le territoire de la commune de Montauban.

De la petite à la grande église

La petite église de Léojac, dédiée au jeune martyr Saint-Symphorien, était déjà mentionnée en 1 215. En 1561, elle est détruite par les Calvinistes avant d’être restaurée au XVIIe siècle. Plusieurs projets de délocalisations vont être évoqués au fil des années avant d’être abandonnés. En juillet 1927, l’abbé Garibaud y est affecté et 4 mois plus tard, il dresse déjà un triste constat :

Cette église est située dans un bas-fond humide et malsain. C'est une demeure indigne du Maître de la Terre et des Cieux.

Il ambitionne à son tour, la construction d’une nouvelle église, et met tout en œuvre pour parvenir à ses fins, mobilisant les paroissiens. En 1931, il trace lui-même, à la charrue, le contour de la future basilique sur un terrain privé qui ne sera acquis par le diocèse que des années plus tard.

 

Un projet inachevé

En 1936, l’évêque de Montauban, Monseigneur Durand, provoque un concours d’architectes pour l’édification du bâtiment et c’est le Montalbanais Pierre Moure qui est retenu. L’abbé Garibaud mobilise alors physiquement et financièrement les paroissiens pour trouver l’argent nécessaire et démarrer les travaux de l’église dont les dimensions sont impressionnantes pour une paroisse de campagne.

Pourtant, rapidement, les fonds viennent à manquer et l’abbé innove pour trouver de l’argent : envoi de lettres dans toutes les paroisses de France, vente de produits dérivés… Mais cela ne suffira pas. Les travaux cesseront en août 1938. La Seconde Guerre mondiale mettra un terme définitif aux collectes et le projet sera abandonné à la Libération.

 

Aujourd’hui, la végétation a envahi la structure qui présente des signes de dégradation importants. Des clôtures, parsemées de panneaux « danger », ont d’ailleurs été installées autour de la propriété. Le diocèse de Montauban, qui n’a pas la capacité financière de consolider l’édifice, cherche désormais un acquéreur.

Quant à la petite église de Léojac, elle a dernièrement subi une réfection au niveau de la toiture et la Ville de Montauban a programmé des travaux intérieurs. L‘église est à ce jour fermée au public.

Publié le 3 juin 2019