100Taur, Talent monstreux !

Masque sur le nez et la bouche, bombe de peinture à la main, Nicolas Giraud, alias 100Taur, perché sur son échafaudage, entame en cette fin novembre une fresque imposante sur un mur de la Grand rue Sapiac. Un renard guerrier aux dimensions impressionnantes prend peu à peu vie sous ses gestes experts.

À la recherche d'un projet nouveau

À Montauban, le street-art égaye les rues. Cette nouvelle œuvre, commandée par la Ville à 100Taur, est un hommage aux artistes de renom que sont Ingres et Bourdelle et s’intègre aux actions mises en place dans le cadre de la réouverture du musée éponyme, fleuron de la culture montalbanaise.

Enfant, j’ai régulièrement visité ce musée. Et j’étais fasciné. Quand j’ai appris qu’il allait rouvrir ses portes, j’étais en période de recherche de nouveaux projets. J’ai souhaité réinterpréter un personnage du célèbre tableau d’Ingres, Le Songe d’Ossian. Dans ce tableau, Ossian, barde celte, est représenté en train de rêver. Au-dessus de lui, on distingue une scène de guerriers parmi lesquels son fils, dont le visage est caché par un bouclier.

100Taur achète un livre sur la mythologie celte et se plonge dedans. Il y découvre que les héros celtes avaient le pouvoir de se transformer en animaux. Il tient son idée et décide de figurer le fils d’Ossian sous les traits d’un renard qu’il voit comme un animal rusé, qui s’en sort toujours bien.

 

Un artiste multiple, une identité affirmée

Une belle manière d’imposer sa marque de fabrique : les monstres et créatures chimériques, et de faire le lien avec un précédent travail, des toiles exposées dans le cadre de l’exposition visible à la Mémo, «  L’invitation de la Dame  », réalisée avec Odile Cariteau.

100Taur est en effet un artiste plasticiens aux multiples facettes mais à l’identité bien affirmée. Il réalise sculptures, peintures, gravures et graffs, en représentant toujours des chimères inspirées de la nature, de la mythologie dont il a toujours été friand, de la littérature et des films fantastiques. 

Dès l’âge de 8 ans, je dessinais tout le temps. Mais je suis venu au graff bien plus tard, par le biais du skateboard. Je me suis mis à regarder des vidéos. À Montauban, Alexis Diemer « Tigr », qui a quelques années de plus que moi, commençait déjà à réaliser des murs. Il m’a inspiré dans la démarche.

Un Montalbanais reconnu à travers le monde

Aujourd’hui, le travail de 100Taur est reconnu internationalement. Mais il n’oublie pas ses origines, heureux de réaliser cette fresque dans sa ville. Pour lui, c’est la preuve que les mentalités s’ouvrent. Même s'il est conscient qu’il y a un gros effet de mode, il ne cherche pas à coller à son époque mais à faire ce qu'il aime. Quelle que soit la commande, il fait en sorte de garder son identité et cela lui réussit bien.

Aujourd’hui, les gens acceptent de voir des monstres dans la rue, j’ai des retours très positifs de personnes radicalement différentes.  C’est un bonheur énorme de voir que mon travail fédère. Bien sûr, il y a aussi ceux qui n’apprécient pas, mais cela m’aide à évoluer.

100Taur aura consacré un petit mois à l’élaboration et la réalisation de son renard guerrier. Mais déjà d’autres projets couvent. Il a déjà prévu de venir dessiner au musée Ingres toutes les semaines pour se constituer un carnet de croquis en vue d’une future fresque. On attend ça avec impatience !

 

LOGO À CRÉER + LIEN Instagram 100taur

Les œuvres sont protégées par le droit d’auteur et il est strictement interdit de les reproduire.

Publié le 6 janvier 2020