Raphaëlle Boitel, l’enfant de la balle

Née à Montauban, formée à l’école de cirque La Boîte à Malice, puis à l’Académie Fratellini, Raphaëlle Boitel est une artiste touche-à-tout. Contorsionniste, acrobate mais aussi metteuse en scène et chorégraphe, son talent est aujourd’hui mondialement salué.

Une incroyable aventure

Pétrie de rencontres improbables et des itinérances artistiques d’une famille bohème, la vie de Raphaëlle Boitel a la saveur d’un roman. 

J’ai découvert  le théâtre à l’âge de 6 ans, à l’école primaire Jacques Prévert. Puis avec mon frère Camille, nous avons  eu la chance de croiser le chemin de Nathalie Hervouet, fondatrice de l’école de cirque montalbanaise La Boîte à Malice, qui nous a ouverts les portes de cet univers.

À l'âge de 8 ans, elle apprend qu’Annie Fratellini organise un stage à Nexon, un petit village du Limousin connu pour son festival de cirque. Avec son frère, ils décident alors de donner des spectacles de rue pour le payer ce stage.

Touchée par le potentiel et la ténacité de Raphaëlle, Annie Fratellini lui propose d’intégrer gratuitement son école parisienne, où elle se formera jusqu’à ses 15 ans, devenant une contorsionniste hors pair.

Elle y fait également une autre rencontre déterminante : James Thierrée, petit-fils de Charly Chaplin, comédien, danseur, acrobate et metteur en scène, qui l’engage pour jouer dans sa troupe avec son frère Camille et leur mère Lilou (costumière). 

Cette incroyable aventure la conduit pendant 13 ans sur les scènes du monde entier. Parallèlement, elle se produit au théâtre et au cinéma, notamment dans le film « La belle verte » sous la direction de Colline Serreau.

Une compagnie, des spectacles...

En 2012, Raphaëlle Boitel fonde la compagnie L’Oublié(e). Un an plus tard, elle met en scène son premier spectacle «  Consolations ou interdiction de passer par-dessus bord  » et chorégraphie l’opéra «  Macbeth  » de Giuseppe Verdi à la Scala de Milan.

D’autres chorégraphies d’opéras  («  La Belle Hélène  » au théâtre du Chatelet à Paris, «  Alcione  » à l’Opéra comique…) et d’autres créations personnelles («  L’Oublié(e)  », «  La Bête Noire  », «  La Chute des anges  »…) émailleront les années suivantes.  

 

Depuis mon premier spectacle ou dans les opéras auxquels j’ai collaboré, je cherche à développer un langage chorégraphique qui  mélange la danse, le théâtre, le cinéma et la matière circassienne. Cette écriture se bâtit dans un univers visuel qui participe à la dramaturgie à travers un travail de lumière ciselé.

Encore des projets

Son spectacle «  5eshurlants  » mettant en piste 5 circassiens de l’Académie Fratellini cherchant à renouveler l’approche de leur discipline et de leurs agrès (danse-acrobatie, jonglage, sangles, cerceau, fil) devait être donné à Montauban, le 25 avril, juste avant les premières américaines à New-York. Les tournées de l’artiste ont été, comme tant d’autres, contraintes à l’annulation en raison du Coronavirus. Mais nul ne doute que Raphaëlle, attachée à sa ville natale, reviendra se produire à Montauban prochainement.

À suivre…

Publié le 7 septembre 2020