Michel Bosio, insatiable créateur

Assis derrière son bureau, au sein d’un bâtiment moderne entouré d’un jardin où se côtoient des sculptures signées de sa main et un réacteur d’A340, Michel Bosio affiche l’assurance de celui qui a réussi et une grande humilité.
Ce boulimique de projets et de travail évoque une vie à 100 à l’heure.

«  Je recherche la rencontre, pas la notoriété »

Parti de rien, Michel Bosio a monté plusieurs entreprises. Originaire de département, installé depuis 50 ans à Montauban, son  parcours l’a mené à travers le monde. Il aurait pu s’établir ailleurs, mais, attaché à sa famille, il a toujours gardé son attache dans la cité d’Ingres.

Autodidacte, Michel Bosio débute dans la vie active à 14 ans comme apprenti mécanicien. Puis mécanicien d’entretien sur le chantier de construction du canal alimentant la centrale de Golfech. Il débarque à Montauban avec seulement une valise et entre chez Total comme représentant.

Sur un stand du salon agricole, il fera la première des nombreuses rencontres qui jalonneront sa vie professionnelle. Il saisit l’opportunité de reprendre les établissements Truquet, spécialisés dans le charbon et le pétrole. En 10 ans, il multiplie par dix le chiffre d’affaires avant de revendre l’entreprise au groupe Total.

« Je me lasse vite, j’ai besoin de challenge »

Avant de revendre sa première entreprise, celui qui avoue avoir « toujours travaillé comme un fou », a déjà développé un centre de lavage : le premier à Montauban. Rapidement, il crée la marque Superjet. Dans l'atelier, rue de l’Abbaye, une station par semaine était fabriquée. 550 stations verront le jour En France, en Espagne et dans les Antilles.

Michel Bosio enchaîne ensuite avec Pizza Mania qui connaîtra le même succès. Après avoir gribouillé un kiosque à pizza, c'est encore une fois une rencontre sur un salon qui assurera l’entrée de ses kiosques au parc des Princes puis leur développement dans tout l’Hexagone et au-delà.

Son infatigable « soif d’apprendre » l’amènera ensuite à déposer un brevet  pour des déchetteries modulaires en béton.

Ce n’est pas parce qu’on a une idée que ça fonctionne. Il ne faut pas croire que tout est or. Je suis conscient de la chance que j'ai eu de bénéficier de l’appui de gens brillants.

Il évoque la suite de son parcours, avec le dépôt du brevet de Modulo béton bâtiments, un concept permettant de monter des crèches ou écoles en seulement 2 jours de gros œuvre.

Une collaboration avec un plasticien

Lorsqu’il revend Modulo béton, ce passionné de voitures de courses et d’avions, tombe sur l’épave de la voiture de Steeve McQueen dans le film « Le Mans » et se lance dans sa réhabilitation à l’aide d’un plasticien. Il revendra la fameuse 917 sur le salon rétromobile de Paris au groupe TAG heuer.

Sa collaboration avec ce plasticien se poursuivra. On leur doit notamment ces sculptures représentant des corps de femmes aux formes généreuses.

L’une d’elle trône sur une terrasse allée de l’Empereur, une autre devant l’agence Orpi, boulevard Doumerc.

Sa dernière « folie » a été de racheter un A340 démantelé pour créer des œuvres uniques. 

J’aime être pris pour un fou. Mon challenge est ensuite de prouver qu’on s’est trompé.

Insatiable, il a évidemment de nombreux autres projets dans sa manche. Avant de le quitter, on ose lui demander son secret. Il en balance quatre : « honnêteté, réseau, persévérance et travail acharné ».   

 

Légende photo 
Sculpture de Michel Bosio, installée sur une terrasse allée de l’Empereur qui a offert cet hiver un cadre privilégié au concert exclusif du groupe Zia dans le cadre des Rendez-vous du Festival .

 

Publié le 8 février 2021