Mémoire du sous-sol

À l'été 2020, deux diagnostics archéologiques ont été réalisés par l’Institut national de recherches archéologiques préventives (INRAP) dans le centre historique. Au vu des vestiges qui pouvaient être découverts, ceux-ci étaient très attendus.

Sur les traces du château comtal du 12siècle

Le premier diagnostic archéologique s’est déroulé du 2 au 6 juillet, en prévision de la rénovation du square Picquart. Six sondages ont été pratiqués : sur le square, en bordure de la côte des Bonnetiers et sur la place Bourdelle.

Les résultats n’ont malheureusement pas été à la hauteur des espérances puisqu’aucune trace du château comtal (12e siècle) n’a été retrouvée. Certes, celui-ci avait été théoriquement détruit et remplacé à la fin du 17e par le tribunal civil et militaire (devenu prison en 1810), mais on pouvait s’attendre à en retrouver des traces en sous-sol ou dans les fondations des prisons.

Les travaux d’arasement menés en 1898 pour la création du square ont-ils fait disparaitre ces deux ouvrages en totalité ? Les historiens se sont-ils trompés dans sa localisation ? Faut-il le chercher sous l’ancienne bibliothèque municipale qui borde le square ? La question n’est pas résolue.

Les sondages ont tout de même permis de découvrir quelques éléments anciens. Un ensemble de murs et pavages de briques appartient aux maisons qui bordaient l’ancienne rue du Pont, dont la destruction en 1898 a permis d’élargir la chaussée (devenue côte des Bonnetiers).

Un autre mur, situé entre le Musée Ingres Bourdelle et le muséum Victor Brun, doit être rattaché à l’ancien palais de la Cour des aides (1671-1673) dont la façade avait été détruite en 1838 pour élargir l’accès au pont Vieux.

Découverte des fondations du rempart médiéval

Dans le cadre de l’aménagement prochain de la place Roosevelt et des rues qui y mènent, quatre autres sondages ont été réalisés du 13 au 18 août dans les rues Notre-Dame et Porte du Moustier (moitié nord). Dans cette dernière, les sondages ont révélé des niveaux de rues sur une épaisseur de 1m environ, dont le plus profond remonte aux origines de la ville (datation radiocarbone en cours).

La découverte la plus importante a eu lieu sous la rue Notre-Dame. Les archéologues ont ici mis au jour les fondations du rempart médiéval, confirmant ainsi que le mur d’enceinte se situait exactement à l'aplomb des façades bordant l’allée de l'Empereur.

Le mur, conservé en sous-sol sur plus de 1,70m de hauteur et 1,50m de largeur, est en briques liées par de la terre. La partie en élévation devait être un peu plus réduite, probablement autour de 1,10m, pour une hauteur estimée à 6m.

Le démantèlement des fortifications mis en œuvre à l’issue des guerres de Religion les a malheureusement fait disparaitre en surface. Heureusement, le sous-sol parle encore…

 

 

Légende des photos, par ordre d'apparition :

(1) Tour du Palais de la cour des Aides partiellement mise au jour durant le diagnostic, vue de Montauban par Parisot, fin 18e siècle  ©Musée Ingres Bourdelle

(2) Pavement et murs de maison, côte des Bonnetiers actuelle ©Inrap

(3) Emplacement de la section du rempart découverte et position théorique du château comtal, plan du siège de 1621©Pôle Mémoire, Ville de Montauban

(4) Fondations du rempart médiéval, rue Notre-Dame ©Inrap 

 

 

Publié le 5 octobre 2020