Jean-Louis Tripp, une vie en bulles

Avec son coup de pinceau et son trait de plume, Jean-Louis Tripp s’est taillé une notoriété internationale. Il n’en n’oublie pas pour autant sa ville natale et la campagne montalbanaise qui sera le théâtre de l’un de ses futurs albums…

Dessinateur et scénariste de bande-dessinée, mais aussi peintre, sculpteur, designer… Difficile de mettre Jean-Louis Tripp dans une case !

Je me suis toujours beaucoup appliqué pour échapper aux étiquettes, aux chemins tout tracés. Et même si mon activité principale reste la bande dessinée, je ne m’interdis aucune passerelle.

Sa carrière décolle en 1977 avec la parution d’histoires courtes dans la mythique revue «  Métal hurlant  ». Puis un an plus tard paraît son 1er album, «  Le bœuf n’était pas mode  », aux éditions Transit (devenues les éditions Milan). 

Beaucoup d’autres suivront, dont la savoureuse série des aventures de Jacques Gallard,  racontant les tribulations d’un jeune Toulousain : «  Parfum d’Afrique  » (Prix de la critique – Festival d’Angoulême 1987), «  Soviet Zigzag  »,  «  Zoulou blues  » (Prix Lucien – Festival d’Angoulème 1988), «  Afrikaans bazaard  ».

Au début des années 90, en plein succès, Jean-Louis Tripp décide pourtant de poser ses crayons afin de se consacrer à la peinture et à la sculpture. Amoureux du Québec, il s’installe à Montréal en 2003, où il enseigne la bande dessinée à l’Université.

De 2005 à 2014, dans son atelier Montréalais, il signe à quatre mains avec son ami Régis Loisel les 9 tomes de «  Magasin Général  » (Casterman éditions) : un énorme succès de librairie avec plus d’un million d’albums vendus !

Cette chronique de la vie d’un petit village québécois dans les années 20 est en cours d’adaptation par Netflix.

Après «  Extases  », série autobiographique dont le 1er tome a été adapté au théâtre, il travaille notamment, en collaboration avec l’autrice Aude Mermillot, sur une saga en deux volets se déroulant dans deux bourgades du Tarn-et-Garonne. L’histoire débute le 28 mai 1967 sur la Nationale 113, au cœur de l’embouteillage géant causé par le retour des supporters du match de rugby Montauban-Bègles et se termine en juillet 1968. Tout un programme…

Deux sculptures à Montauban

Deux sculptures de Jean-Louis Tripp enrichissent la galerie d’art à ciel ouvert de notre ville. Du haut de ses 6 mètres, Médiaman trône depuis 1991 sur le rond-point de l’hôpital. En 2017, la restauration / réactivation de cette œuvre par le sculpteur Sylvain Croisy a fait l’objet d’un documentaire («  Médiaman, 2 saisons pour 4 mains  »), réalisé par Dominique  Tripier-Mondancin et sélectionné au Fine Arts Film Festival de Venice (Californie).

Depuis 1993, Christian Titan, sorte d’homme bionique à la stature impressionnante, veille quant à lui sur la place Jean Vilar.

« Jean-Louis Tripp, 40 ans de création »

En février 2017, une exposition organisée à la Maison du Crieur a rendu hommage au dessinateur et scénariste de bande dessinée. L’occasion de redécouvrir les revues «  Métal Hurlant  » avec ses premiers dessins, la totalité de ses BD et livres jeunesse illustrés, des planches originales, des sérigraphies, des affiches pour des festivals…

Publié le 5 octobre 2020