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La Cathédrale est-elle en danger ? Droit de réponse de Brigitte Barèges

Droit de réponse de Brigitte Barèges, Maire de la Ville, au sujet des fissures apparues sur la nef de la Cathédrale de Montauban.

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La Cathédrale est-elle en danger?

Droit de réponse. 

C'est à la lecture d'un communiqué de presse, envoyé à toutes les rédactions et qui m'a été transmis par les journalistes, que j'ai appris que des fissures seraient apparues sur la nef de la Cathédrale et sur la façade dont «   le massif occidental aurait connu très récemment un important mouvement structurel qui l'aurait désolidarisé du reste de l'édifice  ».

Évidemment très étonnée de la démarche, et surprise de n'avoir pas été contactée au préalable, j'ai immédiatement appelé le constructeur Interparking, tout aussi peu informé que la ville de ce constat.

Ce dernier a manifesté son étonnement au regard des capteurs placés, dès l'origine, sur l'ensemble des façades bordant la place, dont celles de la Cathédrale, capteurs qui n'ont enregistré aucun signal d’alarme particulier depuis le début du chantier.

Une expertise contradictoire le 16 novembre

Pour autant, Interparking a décidé de saisir à nouveau l'expert judiciaire qui avait été désigné en 2019 par le Tribunal pour procéder, à ce que l’on appelle, un «   référé préventif  », c'est-à-dire un constat des lieux avant travaux. Celui-ci a pour but, en cas de désordres postérieurs, de vérifier leur imputabilité aux travaux ou pas.

Cette deuxième expertise contradictoire avec la DRAC (Direction Régionale des Affaires Culturelles) aura lieu le lundi 16 novembre à 9h30.

Parallèlement, j'ai souhaité hier appeler directement Monsieur Michel Roussel, Directeur Régional des Affaires Culturelles, pour qu’il m’éclaire sur la situation. Ce dernier m'a indiqué que c'était à l'initiative de Monsieur Gisclard, Architecte des Bâtiments de France (ABF), qu’il aurait eu connaissance de ce problème, ce que confirme aujourd'hui la Dépêche du Midi en rapportant que l'Abbé Séguy, curé de la Cathédrale, avait «  trouvé Monsieur Gisclard dans la Cathédrale dimanche matin, lors de la messe de la Toussaint  ». C’est à ce moment-là que ce dernier l’aurait informé qu'il n'y avait pas de danger et qu'il pouvait donc rassurer les fidèles.

Le lendemain, soit lundi 2 novembre, l’ABF faisait poser des témoins en plâtre sur les fissures en cause. Il faut préciser, à propos des fissures, que le rapport réalisé en 2019 par l’expert judiciaire en avait dénombré pas moins de 200 sur l'ensemble des murs de la Cathédrale.

Le DRAC m'a, par ailleurs, indiqué que les témoins, posés sur les fissures, seraient examinés par les services de l'État lundi prochain, c'est-à-dire le 9 novembre, pour vérifier si ces derniers avaient bougé en 8 jours ou pas et, dès lors, si l'immeuble, comme il le pensait, était stabilisé ou pas.

J'ai sollicité la possibilité que cet examen de lundi prochain soit fait de manière contradictoire avec les représentants d’Interparking, ce qui m’a été refusé par les services de l'État, préférant travailler «  entre eux  ».

Une agitation polémique et précipitée

J'ai regretté que ce communiqué de presse ait été aussi alarmiste alors que, d'après le DRAC en personne, il était fait plutôt pour «  rassurer  » la population.

Il semble qu’au contraire ce communiqué, autant que le premier article de la Dépêche, ait suscité beaucoup d'affolement ; il a été d'ailleurs largement relayé par l'opposition municipale, Messieurs Hillion et Portoles, qui demandent «   l'arrêt du chantier  » ainsi que par l'ancien Maire, Roland Garrigues, qui va même jusqu'à demander «   ma démission  ».

Toute cette agitation polémique sera, je l'espère, réduite à néant par les constatations des experts à venir.

En ce qui concerne le constructeur Interparking, celui-ci me confirme que rien d’anormal n’a été relevé tout au long du chantier alors que la période la plus critique est celle du creusement du parking.

A ce jour, bien au contraire, les étages réalisés sur quatre niveaux contribuent à stabiliser définitivement l'opération.

Il ne faut donc surtout pas «   mettre en pause  », comme le demande Monsieur Hillion et ainsi que lui répond l’ingénieur d’Interparking dans l’article de ce jour : «   Je dirais, au contraire, qu’il ne faut pas l’arrêter. Plus vite la dalle de couverture sera installée, plus vite les contrebutées solidifieront l'ensemble de la structure.  »

En l'état des déclarations, tant du curé de la Cathédrale que du constructeur Interparking, je ne peux que déplorer une telle agitation précipitée sur un sujet aussi important et surtout une absence totale d’informations fondées.

Je me réjouis que l’expertise judiciaire contradictoire, fixée le 16 novembre prochain, puisse nous rassurer définitivement.

Brigitte Barèges,
Maire de Montauban