Le plan
en damier - préfiguration des bastides - de la ville
originelle, fondée en 1144, constitue aujourd'hui encore
la trame urbaine du centre historique.
De l'époque médiévale, il ne subsiste
ici que trois édifices :
l'église Saint-Jacques et son magnifique clocher octogonal
à base fortifiée ;
le Pont Vieux, autrefois muni de trois tours, et ses sept
arches ogivales, dont la construction fut ordonnée
par le roi Philippe-le-Bel ; la salle gothique du château
comtal jamais achevé, actuelle "Salle du Prince
Noir" du Musée Ingres.
L'apogée économique
des XVIIème et XVIIIème siècles, qui
suit la période trouble des guerres de religion au
cours de laquelle Montauban s'illustre comme place forte du
protestantisme français, est I'occasion d'une reconstruction
générale et du développement des faubourgs.
De cette époque faste, le centre de Montauban - peu
modifié au cours du XIXème siècle, pour
des raisons économiques - tire son extraordinaire unité.
Servis par une brillante culture architecturale, édifices
civils et religieux rivalisent de splendeur :
la Place Nationale, sa double rangée d'arcades et ses
façades harmonieuses ; le Palais des Evêques
; le Collège des Jésuites ; les Hôtels
Particuliers des riches bourgeois et, exception symbolique
de pierre et de cuivre, la Cathédrale, affirmation
de la reconquête catholique et royale.
Son dynamisme aujourd'hui retrouvé, Montauban nous
invite à flâner le long de ses rues à
la découverte d'un patrimoine dont l'éclat,
est régulièrement ressuscité par d'heureuses
opérations de restauration.
Création de la ville
Montauban a été fondée par Alphonse Jourdain,
Comte de Toulouse, en 1144. Il lui donna le nom de Montalba,
le "Mont des Saules" ou "Mont Blanc",
par opposition au nom de l'abbaye voisine de Montauriol, le
"Mont Doré". La ville fût construite,
comme toutes les bastides, sur un plan régulier dont
les rues coupées à angle droit se rejoignent
au coeur de la ville sous les "Couverts", l'actuelle
Place Nationale. La charte
de 1135 donne une municipalité annuelle à la
ville. Tentée par le catharisme, Montauban reste fidèle
au Comte de Toulouse, lors de la croisade contre les Albigeois,
malgrés une période d'occupation par Simon de
Monfort.
La seconde moitié du XIIIème
siècle est une époque de prospérité
qui confirme l'essor commercial déjà pprésent
au XIIème siècle: Le riche bourgeois Guillaume
Amiel commerce avec l'angleterre, et les marchands montalbanais
sont en relation avec les foires de Champagne. C'est alors
que sont lancés de grands travaux publics : l'église
Saint-Jacques achevée en 1280 et le Pont
Vieux bâti de 1304 à 1335. Au début
du XIVème siècle, Montauban est en pleine expansion
économique. La guerre de Cent Ans et le peste noire
vont freiner brutalement cet essor. "Clef de Pays et
chef de duché de Guyenne", Montauban est une ville
frontière qu'Anglais et Français vont se disputer
aprement. Dès 1368, la ville, à nouveau française,
ne garde plus qu'un souvenir de l'occupation: la belle salle
du Prince Noir aux immenses voûtes d'ogives situées
dans l'actuel Musée Ingres.
A partir de 1561, au temps des guerres de religions,
la ville devient une des capitales du protestantisme français
avec La Rochelle. Henry de Navarre, le futur Henri IV, y fera
de fréquents séjours. La ville affirme sa grandeur
en reconstruisant à partir de 1614, les couverts de
la belle Place Nationale.
mais, en 1629, après la prise de La Rochelle, Montauban
doit se soumettre: Richelieu entre dans la ville et rétablit
le culte catholique à l'église Saint-Jacques.
La ville devient alors une capitale régionale, chef-lieu
d'intendance en 1633 et d'un tribunal des Finances, la cour
des Aides en 1661. Elle atteint son apogée économique
au XVIIIème: minoteries, tissages de la soie et de
la laine.
Elle compte alors 30 000 habitants face
aux 48 000 toulousains. Pourtant, il faudra attendre 1808,
pour que Napoléon crée un nouveau département,
le Tarn et Garonne, dont Montauban deviant le chef-lieu. La
ville qui a connu au XIXème siècle un déclin
industriel, est demeurée un centre administratif et
agricole. Patrie d' Ingres et de Bourdelle,
ville d'art et de culture, souriante cité de briques
roses, Montauban voit ses vieux quartiers restaurés,
sa population augmenter et de nouvelles implantations naître,
saisissant les opportunités économiques de sa
position de carrefour régional et européen.
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