Depuis plus
de trois siècles et demi, les trous dans la brique
de l'église Saint-Jacques
rappellent au passant une histoire tout aussi mouvementée
que glorieuse. Celle du siège de Montauban par Louis
XIII, en août 1621...
"Quand le pouvoir royal voulut soumettre
Montauban-la-protestante, toute la ville se rebiffa. Dès
1562, il mit tout en oeuvre pour anéantir les montalbanais
hermétiques à la religion catholique. Chargé
de la besogne, le maréchal Montluc par trois fois,
fut repoussé par les montalbanais. La royauté
ne pouvait pas rester sur cet échec... Louis XIII en
personne, et son bras droit, le cardinal Richelieu, ordonnèrent
un nouvel assaut contre la ville. Le roi en appela aux lumière
d'un alchimiste... Celui-ci fit part aux autorités
royales de sa recommandation: "il faut faire peur aux
habitants de la ville. Une grande peur qui glacera les assiégés
et les fera spontanément se rendre..."
"Que faut-il faire ? "Placer côte
à côte quatre cents canons et tirer simultanément
les qutre cents coups... Bruit, fureur, destruction et rédition
garantis".
"Mais les assiégés se sont
préparés à une bataille longue et difficile.
Sous la houlette du premier consul Jacques Dupuy, ils ont
fait des provisions, engrangé blé et autres
victuailles. Prés de 20 000 personnes sont retranchées
derrière les remparts et les fortifications, prêtes
à soutenir l'assaut. Les soldats de Louis XIII s'affairent.
Tout est prêt, les coups éclatent comme autant
d'orages, une odeur de poudre se répand, sinistre présage...
Puis le silence retombe... Rien en se passe: leurs voeux n'ont
pas été exaucés, les montalbanais ne
se rendent pas. Ils ont résisté, en s'amusant
dans la cité et en faisant bombance pendant que sur
les remparts de la ville, déferlent les boulets...
Montauban a gagné la bataille..."
De la grande histoire à la petite
anecdote, il n'y a qu'un pas et l'expression est restée...
"Faire les 400 coups", est devenu synonyme de réjouissances...
C'est dans cet état d'esprit qu'est née l'idée
de donner chaque année à Montauban un événement
lié à son identité, qui soit en même
temps culturel, historique et ludique. Le grand succés
des fêtes célébrant le 850ème anniversaire
de la création de la ville, en octobre 1994, en avait
été la première traduction.
La fête des 400 coups rassemblera ainsi à l'automne
tous ceux pour qui faire la fête constitue un moment
fort de convivialité et de joie.
Les seuls boulets que l'on trouvera en ville, seront les fameux
"Boulets de Montauban", nés durant l'été
(noisette grillée enrobée de chocolat noir et
d'une fine couche de sucre) proposés par les pâtissiers
et confiseurs. Ils célèbrent la vaillance des
habitants de Montauban et leur goût pour les bonnes
choses.
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