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Notice Palissy


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dossier mobilier
le Monument à Léon Bourjade
(reliefs sculptés)

Etude

monument
Léon Bourjade



Mérimée

Cette stèle commémore Léon Bourjade (1889 - 1921), originaire de Montauban. Ce missionnaire prit conscience de sa vocation à l'âge de 8 ans. Il participa à la première guerre mondiale à 25 ans. Ordonné prêtre en 1921, il meurt missionnaire en Papouasie.
  MON03820002ZA


Note complémentaire

C'est l’un des nombreux exemples de monuments commémorant les hommes qui ont fait l’histoire de Montauban. "Héros de la guerre 14-18, le Père Léon Bourjade est entré dans la légende, militaire et religieuse. "(1
Cet hommage fut décidé en 1931, au soir de la première journée des fêtes d'aviation données à Montauban en l'honneur de ce missionnaire. Il faut néanmoins constater qu'une grande partie des événements se déroula avec une telle discrétion que les archives tant municipales que départementales liées à ce projet sont peu bavardes. 
Le monument actuel ne laisse pas transparaître que l'œuvre fut en partie détruite par les nazis. C'est pourquoi, nous renvoyons le lecteur de la présente notice à la fiche Palissy concernant ce monument. 

I. Le héros

Léon Bourjade est né à Montauban en 1889. Conscient de sa vocation de missionnaire dès l'âge de huit ans, c'est dans ce but qu'il entreprend son noviciat mais la première Guerre Mondiale éclate alors qu'il a 25 ans. Il participe à la bataille de la Marne, puis à la guerre des tranchées. Mais il obtient enfin en 1917 le droit de passer dans l'aviation. C'est là qu'il remportera ses plus brillants faits d'armes, détruisant notamment de nombreux dirigeables d'observation ennemis. La guerre n'enlève rien à sa vocation. Démobilisé en 1919, il entreprend son noviciat à Fribourg. Ordonné prêtre en juillet 1921, il embarque 2 mois plus tard pour la Papouasie où il se voue à l'apostolat. Il meurt à Yule-Island le 22 octobre 1924 d'une hématurie. 

iI. Chronologie 

La genèse de ce monument démarre en juillet 1931. Peu de temps après les fêtes de l'aviation, le comité présidé par le comte Renaud de Vezins pressent Germain Olivier pour réaliser l'ossature du monument dont les reliefs seront confiés à Maxime Réal del Sarte. Il transparaît cependant de l'étude des sources une certaine précipitation des événements entre le 1er avril et le 23 juin 1935 (date de l'inauguration). Les quelques années qui précèdent (1931 - 1933) semblent être consacrées à l'action du Comité. Ce dernier a vraisemblablement contacté le sculpteur et s'est entendu avec lui sur l'œuvre à réaliser. Les deux maquettes conservées au Musée Ingres à Montauban témoignent d'un changement radical dans le projet, certainement d'ordre financier, puisque Réal del Sarte abandonna sa première idée : une ronde-bosse pour se contenter de travailler un bas relief avec quelques figures saillantes. L'année 1934 fut essentiellement consacrée à la réalisation de la plaque sculptée et du projet architectural. Tout semble s'être ensuite concrètement réglé en moins de trois mois. Il ne manquait que la balustrade de fer forgé le jour de l'inauguration puisque cette dernière semble avoir été livrée en juillet. Si les reliefs sculptés ont été détruits en 1943 par les allemands, le monument imaginé et dessiné par l'architecte Germain Olivier subsiste encore avec la belle balustrade en fer forgé qui l'entoure

III. L'architecte

Germain Olivier appartient à une importante dynastie d'architectes locaux dont la production est très abondante. De 1912 à 1958, il ne cessa de déployer une énergique activité, même s'il est aisé de constater qu'une part de ses oeuvres consista en des restaurations, des rénovations ou des agrandissements. Il se fit une spécialité dans le domaine de l'architecture scolaire, restaura quelques églises et dessina plusieurs Monuments aux Morts (Meauzac, Lycée Ingres à Montauban, Bressols). Plusieurs sources citent le nom de l'architecte Jannin. Il était souvent associé à Olivier mais on ignore de quelle importance fut sa participation réelle dans le monument étudié ici. 

IV. INTERPRÉTATION

Le monument est une oeuvre modeste. Il adopte la forme d'une stèle, élément qui reste l’aspect le plus fréquent du monument commémoratif et mesure 3 m de haut sur 2,90 m dans sa plus grande largeur. Sa reconstruction s’explique par un contexte historique précis. En effet, comme le précise Gilbert Gardes, " La destruction planifiée, organisée par les nazis et le gouvernement de Vichy, est un crime contre l’art. Sous couvert de "nécessités économiques nationales", Vichy édicte la loi du 9 octobre 1941 (complétée par celle du 26 janvier et du 4 juin 1943) et crée le Commissariat à la mobilisation des métaux non ferreux en liaison avec le Groupement d’importation et de récupération des métaux. But avoué : récupérer cuivre, étain, bronze… pour les usages domestiques et industriels français. But véritable : fabriquer des armes allemandes et surtout procéder à une "déculturation" nationale […]. »(2). 
 
Emilie Consolle, Roland Chabbert
juillet 2003



(1). Naissance d’un héros de l’amour, Léon Bourjade aviateur et missionnaire dans l’Eveil, du 10 au 16 novembre 1989
(2). GARDES Gilbert, Le monument public français, Que-Sais-Je ?, Presses Universitaires de France, Paris, 1994, p.44

 
 

     
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