Étude maison 5, rue d'Auriol Mérimée
Au cœur du centre ancien, cette maison présente toutes les cractéristiques d'un édifice des XVIIe et XVIIIe siècles. De façon inattendue, des travaux d'aménagement récents ont mis au jour des vestiges de la maison médiévale (murs sur 3 niveaux, placards.. | |  | Étude complémentaire
I.situation et histoire
La maison étudiée se trouve dans un îlot situé au nord-est de la place Nationale (Planche 1), délimité par les rues d'Auriol (à l'ouest), de la Comédie (au nord), de la Résistance (à l'est) et Fraîche (au sud). La rue d'Auriol relie la place Nationale à la rue de la Comédie. Elle est connue dès les XIVe et XVe siècles sous le nom de Sabataria Grossa . Le nom d'Auriol fait son apparition vers 1510. On sait que Jean Auriol, bourgeois y avait sa maison en 1507 (1). En l'état actuel des choses, on connaît peu l'historique de cet immeuble. Robert de Mentque (2) signale cependant que plusieurs maisons de la rue possèdent des vestiges datant du XVie siècle. Il semble que la plupart des maisons de cette rue furent bâties aux XVIIe et XVIIIe siècles, après le second incendie de la place.
La parcelle s'enfonce assez profondément dans l'îlot (40 m. environ). Elle est plutôt étroite (10 à 12 m.), bâtie autour d'une petite cour permettant d'éclairer le bâtiment en fond de cour qui s'enfonce dans l'îlot vers le nord et les commodités de service (escaliers...). La disposition générale de cette maison décrit un L. Les éléments architecturaux directement visibles confirment l'hypothèse d'une construction datant des XViie et Xviiie siècles. Cependant, à l’occasion de travaux réalisés dans cet immeuble au premier trimestre 2002, des observations complémentaires ont pu être faites. Le chantier en cours a permis de mettre à nu les murs et les plafonds autorisant une lecture assez facile de l’immeuble. Les observations archéologiques effectuées ont permis de retrouver des vestiges médiévaux et d'envisager les modifications et aménagements opérés dans cet édifice par ses occupants successifs. II. DESCRIPTION
A - Le corps de bâtiment sur la rue d'Auriol
La façade sur rue de cet immeuble (Planche 2), s'inscrit par son organisation et son décor dans le cadre de l'architecture montalbanaise du XVIIIe siècle. Cette constatation se confirmera plus loin dans l'étude de sa maçonnerie au revers. Elle présente 4 niveaux (rez-de-chaussée + 3 étages dont un de combles). Enduite à 100%, elle n'autorise pas d'observations quant à l'appareil employé et à son agencement.
Au Rez-de-chaussée, la devanture récente du magasin empêche toute observation sur les dispositions d'origine. On remarque cependant un portail latéral en brique moulurées dans l'esprit des réalisations montalbanaises du XVIIIe siècle. Aux deux étages principaux, la composition s'organise en deux travées dominées par des baies de grande taille flanquées de petits jours situés dans l'axe de la porte d'entrée sur la cour. Au troisième niveau, trois mirandes. Au rez-de-chaussée le portail est flanqué de pilastres de brique. Il est couronné d'un arc surbaissé et surmonté d'un jour permettant d'éclairer le couloir d'accès à la cour intérieure. Il est enduit. Au 1er étage, les baies sont rectangulaires. Elles présentaient des menuiseries anciennes qui ont été enlevées lors des travaux (mars-avril 2002). Les appuis de baie se composent d'une succession de briques plates arrondies sur le devant et débordant sur la façade. Le profil arrondi de ces briques coïncide avec le profil de briques inversement posées. Au dessous quelques assises de brique en saillie soulignent les appuis de baie. Le décor des chambranles des fenêtres est très sobre, il se compose essentiellement de briques taillées en biseau. Les joints semblent faits à la chaux. Au 2e étage, la disposition des baies est identique à celle du 1er étage. Deux grandes baies rectangulaires animent le mur tandis qu'une petite baie plutôt carrée se place sur le côté au dessus du portail d'entrée du rez-de-chaussée. Au 3e étage, trois mirandes régulièrement disposées sur la façade. Comme pour les étages inférieurs, les appuis de baie se composent d'une succession de briques plates arrondies sur le devant et débordant sur la façade. Des traces de badigeon rouge se remarquent sur les intrados des arcs des mirandes.
La façade sur cour (Planche 3), présente 4 niveaux (rez-de-chaussée + 3 étages). Les conditions d'observation sont médiocres car bâchée au rez-de-chaussée. Enduite à 90% Les 3 travées qui s'observaient sur la rue sont ici réduites à 2. La façade présente donc une travée de fenêtres et une travée de portes palières.
Au rez-de-chaussée, la baie actuelle est désaxée par rapport aux fenêtres supérieures, ce qui semble être le résultat d'une modification plus ou moins récente. Au 1er étage, La fenêtre présente les mêmes dispositions que celles observées précédemment sur la façade sur rue. L'enduit est nettement taillé tout autour du jambage de brique. L'appui de baie se compose d'une succession de briques plates arrondies sur le devant et superposées sur une assise de briques inversement posées. Le linteau constitué de briques posées sur champ. Ces briques sont bloquées par les trois dernières assises horizontales des chambranles qui ont été retaillées (Fig. 6). Les volets plutôt récents sont encore en place. La porte palière actuelle, bien dégagée présente un encadrement en briques. Le linteau se compose de briques posées sur champ et bloquées par les briques des jambages. La présence d'un enduit clair sur les briques à une trentaine de centimètres de la porte actuelle invite à penser que cette dernière est le résultat d'une reprise (Fig. 2). Il semble qu'il y ait eu une porte plus large ou plutôt plus éloignée du mur mitoyen sud que l'actuelle. La porte actuelle, la plus récente, correspond à un encastrement postérieur dans le mur mitoyen sud. Elle est réalisée dans un mur fin avec un mortier de terre ou de chaux. Les briques composant les montants de la porte portent encore des traces de couleur rouge. La porte ancienne est percée dans un mur plus épais avec un mortier de terre.
Au 2e étage, La fenêtre reprend les mêmes dispositions que celle de l'étage précédent. Les volets sont en place et contemporains des précédents. La porte palière reprend les mêmes dispositions que celles observées à l'étage inférieur : jambages de briques taillées en biseau. La porte d'origine, dans son état XVIIIe, présentait sans doute un linteau de briques surmonté d'un jour. Elle a été modifiée (au XVIIIe siècle ?). Le linteau de briques a été remplacé par une poutre de bois et le jour agrandi pour avoir la même largeur que la porte. Au 3e étage, La fenêtre est légèrement désaxée par rapport aux baies des étages inférieurs. Elle est de dimensions plus réduites mais présente les mêmes caractéristiques architecturales que les autres fenêtres de la façade. L'appui de baie repose sur un léger cordon qui court sur toute la façade. La porte palière reprend les mêmes dispositions que celles observées à l'étage inférieur : jambages de briques taillées en biseau et linteau de briques.
L'intérieur Au Sous-sol. La cave non visitée. Les voûtes semblent modernes, murs de grosses briques et placards.
Au rez-de-chaussée, le couloir est situé au revers du portail d'entrée (3). Ce dernier présente une arrière voussure importante autorisant l'ouverture globale de la porte en bois. Le jour situé au dessus de l'arrière voussure présente un important talus et un ébrasement autorisant la diffusion maximale de la lumière dans le couloir. La ferronnerie du jour semble ancienne même si très simple. Le couloir porte les vestiges d'un aménagement du XIXe siècle. Le plafond est recouvert d'un lattis plâtré et le mur nord des traces d'enduit sur lequel est dessiné un faux appareil de pierre. Le mur sud est le mur mitoyen avec l'immeuble voisin. Sur le mur nord, des lacunes dans l'enduit permettent d'observer des traces d'ouvertures (baies de boutiques ?). L'arc d'entrée dans la cour a été soigneusement traité, en particulier côté cour. Une clé d'arc en brique se fait saillante. L'appareil est de qualité, les joints à la chaux et l'enduit recouvre avec précision les écoinçons de l'arc. Il mord très légèrement sur les briques constituant l'arc. Un décor peint dessine une poutre muralière au dessus de la clé d'arc. Le magasin n'a pas été visité.
Au 1er étage, le mur nord porte les traces de conduits de cheminées. Un conduit probablement ancien et situé entre les 2 premières poutres maîtresses est aujourd’hui bouché. L'appareil de briques situé entre le mur est et la cheminée est très bouleversé. On note la présence de briques épaisses (médiévales) du côté de la cour de même que des éléments anciens en réemploi. L’appareil de briques qui lui succède présente une rupture suggérant une modification ou un mur de refend disparu assez tôt. Au delà, une baie bouchée en anse de panier antérieure à la cheminée encore présente sur le mur. Cette baie pourrait être une porte ouvrant sur la parcelle voisine (Fig. 5) (4). Entre les deuxième et troisième poutres se trouve une cheminée à âtre rectangulaire. La différence de qualité des briques permet de déduire que cet élément était autrefois partiellement enduit (5). Les briques des jambages et du linteau étaient apparentes, taillées et enrichies d'un décor de pointe de diamant (angles supérieurs droit et gauche). Traces de polychromie rouge sur les briques apparentes. On remarque encore comme en d'autres endroits dans l'immeuble, la trace du stylet (rainure) qui indiquait l'arrêt de l'enduit. Les poutres qui soulagent le manteau sont habillées de briques posées de champ. Le linteau composé de briques taillées en biseau présente les mêmes dispositions de blocage que celles observées sur les portes palières à savoir : briques posées sur champ et bloquées par les briques des jambages. Parmi les objets mobiliers découverts, une plaque de cheminée en fonte (époque XVIIIe siècle) avec un décor de style rocaille (dimensions 1,5 cm épaisseur, 43,7 cm largeur, 63,7 cm hauteur). Elle est cassée verticalement en deux parties (voir notice Palissy). Le plafond compte 4 poutres principales avec solives et planches d’entrevous biaises. Plancher irrégulier à couvre-joints. Vestiges d'un lambris plâtré (XIXe siècle) qui une fois enlevé permet d'observer plusieurs états de décor : (voir notice Palissy) Etat 1 : badigeon gris-bleu caractéristique des décors montalbanais de la fin du XVIIIe siècle Etat 2 : badigeon blanc avec décor peint à base de rinceaux et de motifs floraux antérieur. Un décor de rinceaux se devine sur les poutres principales (Fig. 7). Il est contemporain des motifs floraux qui caractérisent l'état 2 .
Au 2e étage, Sur le mur nord, on remarque des briques épaisses dans le mur. Il existe une différence d’appareillage entre le bas et le haut : les briques situées du côté de la cour intérieure sont plus épaisses que les autres. Les joints ne sont pas homogènes signalant ainsi un bouleversement dans l'appareil au niveau du mur est. Trous de boulins absents en haut. Correspondance dans la maçonnerie avec l’épaulement visible sur le mur de la cour laissant penser que la façade aurait pu être reconstruite plus loin. Le mur est : porte d’entrée datant du XVIIe siècle. La porte d’origine semble avoir été modifiée au XVIIIe ou XIXe siècle.
Au 3e étage. Sur le mur sud : deux types de briques. La brique médiévale monte à une hauteur de 2,50 m environ. Des traces anciennes de l’encastrement des poutres (plafond médiéval ?) sont visibles. Les briques sont jointes par un mortier à la terre + mortier de chaux gris. Le mur ouest présente le revers des mirandes. On constate bien la reconstruction récente de cette partie de l’édifice qui coïncide avec l'hypothèse d’un réalignement de la rue après les incendies de la grand’ Place. Sur le mur nord se repèrent les traces de 3 conduits de cheminées aujourd’hui détruits et comme sur le mur opposé de l’encastrement des poutres anciennes mortier à la terre + mortier de chaux gris.
B - La cour intérieure
Le mur nord (6) est mitoyen avec la parcelle voisine. Réalisé en briques sur toute la hauteur, il a été enduit mais les nombreux manques permettent de constater l'emploi de briques épaisses (médiévales ?) dans les parties basses. Ce mur épais monte jusqu'au 2e étage où figure un talus. Il semble que ce mur ait été rehaussé à une période plus récente. Les briques de la partie supérieure sont en effet plus fines. Un décrochement dans l'architecture de ce mur se remarque contre la façade ouest laissant présumer de remaniements. Présence de trous de boulin régulièrement disposés sur ce mur. La correspondance de ces trous avec les étages des façades ouest et est laisse à penser qu'ils pourraient correspondre à l'emplacement de poutres ou de solives soutenant une galerie de bois. Le mur sud se place derrière les coursières et est lui aussi mitoyen avec la parcelle voisine. Les travaux de percement de saignées pour les gaines techniques ont mis au jour au Rez-de-chaussée un placard médiéval de même type que ceux qui ont été retrouvés ailleurs dans la parcelle. Au 3e étage, contre la façade est se trouve un placard médiéval (Fig. 8) bouché et en partie muré par le mur du logis en fond de cour. Les briques de ce mur sont épaisses et présentent les caractéristiques des briques médiévales. Une cassure très nette s'observe sur ce mur indiquant un remaniement important à l'époque moderne avec remploi des briques anciennes. L'escalier est un escalier en bois à volées droites à départ tournant. Cet escalier s'appuie au rez-de-chaussée sur des éléments en pierre qui soutiennent les poteaux de bois de section carrée structurant l'ensemble à la verticale. Ces poteaux portent des poutres parallèles aux murs entre lesquelles sont placées les solives sur lesquels sont posés les planchers. Les balustres et les garde-corps conservés sont d'une grande sobriété et l'ensemble porte un décor peint en grisaille datant du XVIIIe siècle. Le toit de l'ensemble a été refait.
C - Le logis en fond de cour
La façade sur cour (Planche 4 ) présente un état d'ensemble du XVIIe siècle. Elle compte 4 niveaux (rez-de-chaussée + 3 étages) et présente une composition d'ensemble en 3 travées : petites fenêtres de cabinets contre le mur nord de la cour, grandes baies dont une mirande au centre et superposition de portes palières contre le mur sud de la cour.
Au rez-de-chaussée, La porte actuelle est le résultat d'un remaniement moderne (XVIe-XVIIe siècle ?) d'une baie médiévale. Un arc de décharge surbaissé surmonte une fenêtre à meneau et traverse dont la partie inférieure a été intégrée dans la porte. Cet arc vient s'appuyer sur une maçonnerie de briques épaisses jointoyées à la terre et à la chaux qui semble médiévale. Les éléments en pierre de la baie médiévale subsistent encore en partie haute (croisée à chanfrein).
Au 1er étage, la fenêtre centrale : L'appui de baie présente les caractéristiques de la fin du Moyen Age. Il se compose de deux pierres moulurées sur lesquelles devait s'appuyer le meneau de pierre d'une baie aujourd'hui disparu. Cette fenêtre centrale a donc fait l'objet d'un remaniement au cours de la période moderne (XVIIe siècle). Il est probable que la fenêtre d'origine est alors été agrandie. Les éléments en pierre ont été démontés et les jambages de la baie furent réalisés en brique qui furent elles-mêmes retaillées avec une feuillure plus tard pour permettre l'installation de volets. L'appareil de brique visible autour de la grande fenêtre témoigne bien du réarrangement de cette façade. La petite baie latérale semble elle aussi être un remaniement moderne. Si la structure des briques respecte bien l'appareil contre le mur nord de la cour, on remarque nettement la trace d'une reprise sur le mur en direction de la grande fenêtre. L'hypothèse qui se dessine est alors celle d'une porte qui aurait été transformée en fenêtre de cabinet. L'emplacement de deux trous bouchés aujourd'hui laisse imaginer la présence de poutres qui auraient pu soutenir une coursière. (Ces trous sont en correspondance avec les trous constatés sur le mur nord de la cour). La porte palière présente les caractéristiques d'une baie du XVIIe siècle. Les briques sont taillées en biseau et les joints sont faits à la terre.
Des traces de polychromie témoignant de deux états se remarquent
1) badigeon de couleur claire recouvrait les briques qui n'étaient pas recouvertes d'un enduit (traces très nettes de l'arrêt de l'enduit de façade. marque d'un stylet.
2) badigeon de couleur rouge soutenu sur le linteau de la porte. Joint rubané ?
Au 2e étage. L'enduit présent sur la façade ne permet pas de préciser mieux l'évolution de la façade. Les lacunes autorisent cependant la vision d'une même structure autour de la petite fenêtre de cabinet . Quelques briques en saillie correspondent au décrochement du mur nord de la cour . Elles pourraient être le vestige d'un palier laissant penser que l'immeuble médiéval comptait au moins deux étages de brique.
La fenêtre centrale est moderne. L'appui de baie est ici en brique et présente les caractéristiques de la production montalbanaise du XVIIe siècle. Si les menuiseries ont été remplacées, la fenêtre garde les traces des feuillures et des volets.
La porte palière a été percée dans une maçonnerie dont les briques sont épaisses (briques médiévales en remploi ?). Les briques qui composent le jambage de la porte sont arrondies. Les joints sont réalisés à la terre ou la chaux et comme pour la porte palière de l'étage inférieur, il existe des traces de polychromie. Joint coupé ?
Au 3e étage, Un cordon de briques sépare les deux derniers étages de la façade. Une corniche de briques précède la toiture. L'enduit présent ne permet pas de préciser mieux les observations mais on retrouve la structure en 3 travées de la façade. Ici la grande baie s'est transformée en mirande. Les boiseries anciennes ont totalement disparu et les appuis de baie de la mirande ont également été restaurés avec des briques neuves.
L'intérieur Au rez-de-chaussée
Pièce n°1 : La pièce d'origine est découpée en deux par un mur de refend en briques recouvert d'un badigeon à la chaux blanche. La cloison correspond avec le meneau de pierre de la baie modifiée au dessus de la porte d'entrée. Elle présente dans sa partie basse un arc de décharge en briques. Ce dernier indique la présence d'un point faible . Sous le badigeon le mur opposé à l'entrée présente des briques de grand format (épaisseur de 7 cm en moyenne). Il semble dater de l'époque médiévale. Au revers de l'entrée, présence d'une poutre muralière derrière l'arrière voussure qui domine la baie surplombant la porte. Il semble s'agir d'une disposition d'origine permettant de soutenir le plafond à couvre joint. Le plafond est soutenu par une poutre de section carrée importante. Cette dernière s'appuie sur un corbeau de pierre fixé dans le mur sud . et traverse la cloison pour se prolonger dans la pièce voisine. Elle soutient une dizaine de solives sur lesquelles sont posées des planches irrégulières avec des couvre-joints. L'ensemble porte des traces d'un badigeon de couleur grise (XVIIe - XVIIIe siècle ?)
Pièce n°2 : Sur le mur nord présence d'une cheminée moderne (XVIe - XVIIe siècles ?) sur laquelle vient s'appuyer la poutre soutenant le plafond observée dans la pièce voisine. Cette cheminée semble avoir été rajoutée sur un mur de brique médiévales (grosses briques irrégulières), vraisemblablement à l'emplacement d'une cheminée plus ancienne. On remarque en effet la trace d'un petit four à pain à l'intérieur de l'âtre de même que la complexité de l'appareil de brique présente les nombreuses modifications. Le manteau de la cheminée a été transformé à une période récente. L'arc surbaissé qui dominait l'âtre sur le devant a été détruit. Le linteau a disparu mais les traces de la moulure permettent de le restituer sans peine. L'arc de décharge qui supporte le poids de la maçonnerie a pour sa part été mis à nu et taillé en biseau lors de l'ultime transformation de la cheminée dont on peut reconstituer les dispositions d'origine (Fig. 9).
La pièce décrit un renfoncement vers le nord ouest. Le mur ouest fait angle avec le mur sur lequel est observée la cheminée. L'agencement des briques fait apparaître sur ce mur des modifications assez complexes. Près de l'angle, les briques médiévales du mur semblent dessiner un chaînage d'angle sur lequel serait venu se coller le mur nord actuel. Sur ce mur ancien figure un dressoir ou une niche aménagé plus récemment . Les briques sont plus régulières dans leur majorité. Cet élément se compose de deux jambages verticaux plaqués sur le mur médiéval qui se rejoignent dans la partie haute grâce à un arc surbaissé soutenant les la maçonnerie dans laquelle se fichent les solives soutenant le plancher. A mi-hauteur, un deuxième arc surbaissé dont les briques sont taillées dessine la base de la niche du dressoir. L'examen détaillé de cette structure permet de constater un impressionnant bricolage. Le dressoir semble en effet avoir été maçonné en avant d'un mur médiéval en réutilisant des éléments médiévaux. Le dressoir a cependant été édifié devant un placard médiéval encore nettement visible attestant que le mur date bien de cette époque. Ce dernier se compose d'un arc plein cintre dont les briques sont taillées. Les joints entre les briques sont en terre . Au delà du dressoir, on retrouve le mur médiéval dans lequel viennent se ficher les 6 solives soutenant le plancher. On remarque dans l'angle précédent le mur nord séparant l'immeuble de la parcelle voisine la présence d'une pierre gafonière qui pourrait suggérer la présence d'une fenêtre haute.
Le mur nord est percé d'une fenêtre ouvrant sur la parcelle voisine et possédant encore ses boiseries anciennes (XVIIe siècle). Le mur est présente un appareil de briques médiévales assez homogène. Un placard de même type que le précédent s'y remarque (Fig. 10). L'arc en plein cintre est légèrement affaissé et les briques portent la trace d'une feuillure ou d'une taille tout au moins. Ce placard mesure environ 60 cm de haut mais sa partie inférieure est détruite par la dalle de béton qui a été posée récemment. Sur le mur sud de cette pièce, on constate une nette trace de reprise en particulier avec la cloison de refend.
Premières hypothèses Le mur nord sur lequel on trouve la cheminée se prolongeait vers le mur est. Il existait un élément à cet endroit qui a disparu à une période indéterminée. Il est probable que le mur continuait et que le parcellaire médiéval ait évolué. Il est évident que les niveaux de sols actuels ne correspondent pas aux niveaux originels. Ceci devrait se confirmer lors de l'analyse des niveaux supérieurs.
Au 1er étage
Pièce n°1 : Le sol est composée d'un carrelage de terre cuite et d'un carrelage plus récent. Le plafond se compose d'une grosse poutre transversale sur laquelle s'appuient les solives. Les planches sont irrégulières et on observe encore les traces des couvre-joints. Le mur ouest, au dos de la façade sur cour est enduit à 100 % aucune constatation possible. Sur le mur nord, présence d'une cheminée. Elle présente un linteau droit qui a été poncé dans le cadre de la réhabilitation de l'immeuble. Des traces d'une corniche disparue sont encore nettement visibles.
Le poids du manteau de la cheminée est ici soutenu par une poutre en façade recouverte de briques carrées posée sur champs. Il est probable qu'un décor peint ait été présent. Une corniche haute court au niveau du plafond. Bien conservée, elle s'interrompt en rencontrant la poutre de section rectangulaire qui soutient le plafond. Le mur est présente une surface entièrement enduite : aucune constatation possible. Il décrit un renfoncement et présente sur une portion en cours de travaux des briques anciennes (Fig. 11). Il s'agit probablement de nouveau d'un mur médiéval en correspondance avec celui observé au rez-de-chaussée. On constate une rupture dans la construction. Elle invite à penser à un support posé en avant du mur actuel . Présence d'un placard médiéval (Fig 12). Elle suggère soit la disparition d'un mur qui rejoignait celui sur lequel s'appuie la cheminée aujourd'hui soit qu'au rez-de-chaussée, il ait existé une grande arcade qui aurait été collée sur le mur est. Il y a probablement eu deux étapes à la période médiévale. Parmi les objets mobiliers découverts, une plaque de cheminée (époque XVIIIe siècle) avec un décor de coquille et d'oiseau (dimensions 1,5 cm épaisseur, 47,5 cm largeur, 57 cm hauteur). Elle est en partie détruite.
Pièce n°2: Les murs sont enduits : pas de constations de détail possibles. Une cheminée sur le mur est. Elle est dimensions modestes et présente une corniche dans sa partie supérieure. Il est probable que la corniche qui courrait au dessus du linteau a été détruite. Le mur nord communique avec la parcelle voisine grâce à une fenêtre rectangulaire dont les boiseries sont déposées. Le mur ouest est enduit : pas de constations de détail possibles. Le plafond est composé de deux épaisses poutres de bois dont une s'appuie sur le manteau de la cheminée. Les solives et les poutres sont recouvertes d'un badigeon clair.
Au 2e étage
Pièce n°2 : Les briques épaisses qui composent les murs de cette pièce sont des vestiges de murs médiévaux. Il s'agit d'une zone où les briques anciennes sont assez peu retouchées Les enduits sont en terre. La porte d'accès a été percée dans un mur plus ancien : Elle présent une série de briques taillées en quart de rond. Le mur nord est percé d'une baie donnant sur la parcelle voisine. La fenêtre est moderne : Sur le mur est, une cheminée type XVIIe siècle s'appuie sur un mur médiéval. Elle porte en partie haute une moulure bien conservée composée de 3 assises de briques soigneusement taillées. Le mur médiéval se retrouve derrière la cheminée. Il subsiste à priori des traces d'enduits Le plafond à caissons reprend les dispositions déjà observées ailleurs dans le bâtiment : à savoir, planches irrégulières, couvre-joint... Cependant, sous un badigeon plus récent, présence d'un décor peint fin XVIe début XVIIe siècle. Il se compose de rinceaux végétaux sur les poutres maîtresses et de motifs floraux en grisailles La présence d'un rebouchage au niveau d'un solive fichée dans le mur nord indique une modification de la structure du plafond et le remploi de poutres anciennes pour composer le plafond actuel.
Au 3e étage
Pièce n°1 : Le mur Ouest : porte moderne collée à une maçonnerie ancienne. Linteau de bois faisant office d’arrière voussure. Mur percé d’une mirande et d’une petite baie rectangulaire. Le mur Sud : deux types de briques. La brique épaisse médiévale dans la partie basse qui monte en suivant l’ancienne pente du toit. Vestiges d’une moulure sous toiture 2 états principaux. Le mur Est : maçonnerie homogène avec remploi de briques anciennes. Proportion plus importante des briques médiévales dans la partie basse et traces d’encastrement des solives dans la partie haute . le mur nord : dans l’angle avec le mur Est, vestige d’une petite porte suggérant une modification des niveaux de sols. Au dessus une ouverture fermée par un volet dont les bois sont anciens. Les briques épaisses qui composent les murs de cette pièce sont des vestiges de murs médiévaux. Il s'agit d'une zone où les briques anciennes sont assez peu retouchées Les enduits sont en terre.
Pièce n° 2 : Mur Sud : vestiges évident d’une moulure sous toiture composée de 3 rangs de briques. Roland Chabbert juillet 2003

(1). ALAUZIER L. d', Les noms de rue à Montauban, dans Bulletin de la Société Archéologique de Tarn-et-Garonne, 1952, p. 30 DE MENTQUE Robert, Le Vieux Montauban, 1975, p. 69.
(2). DE MENTQUE Robert, Le Vieux Montauban, 1975, p. 69.
(3). clichés MON02820006ZA à MON02820010ZA.
(4). Ces bouleversements sont le signe d'aménagements postérieurs à l'époque médiévale. Il se trouve que de l'autre côté le mur semble moderne. Il y a peut-être là le signe d'une mitoyenneté disparue.
(5). Les dossiers présentant d'autres édifices montrent bien que la rainure est bien la limite entre l'enduit et la brique apparente à joints saillants rubanés le plus souvent.
de l'autre côté le mur semble moderne. Il y a peut-être là le signe d'une mitoyenneté disparue.
(6). Clichés MON02820043ZA à MON02820045ZA
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