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Chaire à prêcher
église paroissiale Saint-Jacques
62, rue de la République

carre violet Palissy

L'église Saint-Jacques abrite une belle chaire à prêcher en bois de style baroque. Don de l'intendant Joseph Foucault à l'église des Carmes de Montauban vers 1679, cette chaire a été transportée à Saint-Jacques après la Révolution.
  MON0782000001NUC


I. HISTORIQUE

La chaire en bois scultpté qui orne aujourd'hui la nef de l'église Saint-Jacques provient de l'église des Carmes à qui l'intentant Joseph Foucault l'avait donnée vers 1769. Vendue comme bien national à la Révolution, elle allait être brûlée comme bois de chauffage, lorsque quelqu'un s'avisa de la racheter pour 50 francs et d'en faire don à l'église Saint-Jacques. Protégée au titre des objets mobiliers en 1995, la chaire a fait l'objet de dégradations (vol des statuettes des docteurs de la l'église, d'une cariatide et d'un bas relief représentant les vertus) et d'une campagne de mise en sécurité et de conservation préventive.


iI. DESCRIPTION 

La chaire à prêcher se compose de divers éléments tous délicatement travaillés.

a) l'abat-son

Conçu à base de pans coupés comme l'ensemble de la chaire, cet élément de bois sculpté est surmonté par un ange ailé tenant une trompe. Il est posé sur un globe posé sur une couronne de volutes ornéees de motifs végétaux. Au pied de ce décor est posée une série de six angelots tenant un livre pour deux d'entre eux, une équerre pour le troisième, un compas et un globe pour les deux suivants, le dernier levant les bras au ciel. Sous l'abat-son, la colombe du Saint-Esprit s'inscrivait dans une couronne de laurier (1)

b) le dorsal

Le dorsal présente une décor de rinceaux végétaux avec des boutons de fleurs et des corbeilles de vaneries. Dans la partie supérieure, deux angelots sont accrochés au milieu des rinceaux. Ils tiennent une coquille d'une main et une palme de l'autre. Au dessous, dans un cadre végétal arrondi, un écusson polychrome à dominante bleue arbore un blason double qui se détache sur un motif de cuir découpé. Il est surmonté d'une couronne de laquelle sort un bras armé d'un glaive. Deux phylactères de couleur rose portent les inscriptions suivantes : ZELO ZELATUS SUM PRO DOMINO DEO EXERCI TUUM et POSSUMUS NON POSSUMUS. L'ensemble du dorsal est couvert de sculptures végétales sous lesquelles apparaissent parfois des visages d'angelots. Des trophées végétaux pendent verticalement sur les montants latéraux de la structure.

c) la cuve

La cuve compte quatre panneaux avec des bas-reliefs portant l'effigie des quatre évangélistes. Chaque panneau est séparé de son voisin par une console sur laquelle prenait place la statuette d'un des quatre grands docteurs de l'Eglise d'Occident (2).

En dessous, des cariatides engaînés s'intercalent avec des paquets de fruits. Ces trophées sont attachés par des linges et sont chacun différents. On reconnît des grappes de raisins, des grenades, des poires ou des coings, des fleurs d'artichauds et des pois sur lesquels se promènent des escargots.

Des guirlandes végétales courent horizontalement dans les moulures qui séparent  chaque élément de la cuve. La moulure supérieure descent le long de la rampe de l'escalier.

d) l'escalier

Le long de la rampe de l'escalier latéral, quatre panneaux renferment les figures allégoriques des Vertus.

La force apparaît casquée, armée d'un bouclier et vêtue d'une cotte de maille sous laquelle sa robe décrit un plissé délicat. Elle tient une colonne et prend place au départ de l'escalier. La prudence suit. Elle est assise sur une nuée et vêtue d'une belle robe au drapé délicat. D'une main en appui sur son genou replié, elle se tient la tête ; de l'autre, elle retient un serpent. Plus haut, la justice esquisse une marche sur une nuée. Elle avance les yeux bandés et un glaive à la main. Sa robe flotte au vent. Près de la cuve, la tempérence est assise devant une table recouverte d'un linge sur laquelle est posée un vase. Elle se replie légèrement sur elle-même comme si le sculpteur voulait qu'elle s'adapte au panneau sur lequel elle est clouée. Les jambes croisées, elle tient une coupe dans la main droite.

 

carre-violet III. analysE
L'ensemble de la chaire présente une qualité artistique exceptionnelle. La délicatesse des figures et des éléments sculptés témoignent d'un atelier de talent que l'intendant Foucault a su faire intervenir lorsqu'il entreprit son soutien aux Carmes.

Roland CHABBERT

décembre 2006.

 

1- la colombe a été volée en 2004.

2- présentées à l'exposition "trésors d'art sacrés de guyenne" au musée Ingres en 1956, ces sculptures ont été photographiées alors par Mas. Volées dans les années 1990, il ne subiste plus aujourd'hui que leurs clichés conservés aux archives photographiques du centre national des monuments nationaux.

 

 
 

     
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