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Sculpture,

Siderius Nuncius
Montauban - Hôtel de Ville, 9 rue de l'hôtel de Ville

carre_orange Palissy

Aglaé liberaki (née en 1923), élève de Bourdelle a réalisé cette sculpture en 1972 située à la mairie. Elle s'amuse à croiser et à décroiser des formes et des volumes pour étudier la forme. Ces formes s'enroulent comme si l'artiste étreignait le monde.


  MON0382000100ZA


description

Cette sculpture de marbre blanc adopte une forme quelque peu étrange. A première vue, elle pourrait figurer une tortue stylisée. Les pattes, la queue, la carapace et la tête au long cou peuvent se laisser deviner. Elle pourrait également renvoyer à une étrange créature à un seul œil, sorte de cyclope revisité. Sa forme pure et lisse lui confère une douce et voluptueuse allure. Elle appelle au toucher et plus précisément à la caresse. L’artiste a travailler sa sculpture en taille directe et l’a polie jusqu’à obtenir une forme parfaitement lisse. 


I. HISTORIQUE

Cette sculpture a été réalisée dans la seconde partie de la carrière de l'artiste, celle qui succède à son "âge de bronze", période qui s’étend des années soixante aux années soixante dix. Alors qu’elle montrait essentiellement des formes tendues et agressives, sa "haine" semble avoir disparue, et l’artiste semble avoir fait la paix avec elle-même. Ancienne élève de Bourdelle, Aglaé Liberaki va, dans les années soixante dix, s’éloigner de la figuration pour ne s’intéresser qu’à la forme. C’est son "âge de pierre". Tournée vers la sculpture grecque archaïque, l’artiste a su s’affranchir de cette écriture abrupte. Sa sculpture est devenue harmonieuse, lisse le plus souvent, comme en témoigne cette œuvre. Pierre Barousse en parle ainsi : « La narration descriptive n’est guère dans le tempérament dorien, qui lui préfère les larges synthèses. C’est à ses atavismes que cette sculpture doit son sens des volumes, son goût charnel mais lucide de la force équilibrée, son esprit intellectuel d’abstraction qui la portent sans lutte et sans effort. »1.

 

carre_orange II. ANALYSE

Identifiée par un titre en latin énigmatique, cette sculpture qui pourrait faire référence à l’espace sidéral, paraît être avant tout un pur jeu de forme. Aglaé Liberaki s’amuse à croiser et à décroiser des lignes et des volumes, pour étudier la forme. Selon Pierre Barousse, ancien conservateur du musée Ingres, elle semble « rationaliser (…) l’irrationnel tapis au fond d’elle-même. »2. « La solitude, que Liberaki prétend assumer, ne saurait plus dès lors en être une, à vrai dire. Il n’est que de voir l’ampleur de ces formes qui s’enroulent et qui s’entourent comme si l’artiste étreignait le monde, et si parfaitement attentives l’une à l’autre, cette épaule ronde issue de la graine mère et de tout ce dont elle est bourrée de vie potentielle, pleine, dense »3.

Emilie Consolle, Roland CHABBERT

octobre 2003  




(1). Aglaé Liberaki, sculptures et dessins, musée Ingres, 1er décembre 1978-11 février 1979, préface, p.7.
(2). idem, ibidem.

(3). idem, ibidem.

 

 

 
 

     
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