Étude
Sculpture
Bas-reliefs du théâtre
Montauban -
théâtre municipal, 4, place Lefranc-de-Pompignan
Palissy
La pierre fait partie intégrante de l'œuvre d'André Abbal (1876-1953) et ces métopes reflètent justement son art robuste et antiquisant. Elles furent réalisées vers 1936 pour orner la façade du théâtre municipal de Montauban nouvellement construite.
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I. Historique
Ces bas-reliefs furent commandés par l’architecte Olivier à André Abbal, lors de la restructuration de la façade du théâtre municipal. Installés sur la façade avant 1936 ces sculptures en pierre calcaire ont fait l'objet de dessins et d'études préparatoires (1932) qui montrent les hésitations et modifications du projet .
iI. description
s’agit de quatre métopes en bas relief. Au sein de chacune d’elles figure un petit personnage. La première représente un marmouset qui joue du pipeau. Le personnage est représenté de trois quarts, le corps nu. Le second personnage se tourne vers le premier, les bras en l’air, en appui sur sa jambe droite. Le troisième personnage enfantin est ailé, ses jambes croisées de manière non naturelle ; son attitude est plus délicate que celle des autres personnages. Son bras droit se pose sur une colonnette, tandis que son bras gauche est replié vers son oreille. Enfin, le dernier personnage brandit un masque de théâtre à l’aspect sévère. Sa position n’est pas du tout naturelle : son corps est tourné vers la droite alors que ses jambes se dirigent vers la gauche. Les quatre personnages sont nus et adoptent des formes toutes en rondeur. Ils arborent tous une épaisse chevelure bouclée. Leur corps est modelé de façon sommaire et lisse.
iIi. analyse - inerpretation
Ces quatre personnages sont les allégories de la Danse, de la Musique, de la Tragédie et de la Poésie. Ils portent pour deux d'entre eux les attributs de la notion qu’ils représentent, comme la musique ou encore la tragédie. L'’attitude et la position qu'adoptent les deux autres reliefs en donne la lecture. L’iconographie de ces métopes entre en totale adéquation avec la fonction de l’édifice pour lequel elles ont été pensées, puisque chacune de ces disciplines se pratique dans le théâtre. Ces personnages sont représentés de façon sommaire, mais le mouvement s’en dégage. « L’enchaînement harmonieux des gestes accomplis par ces petits personnages indique l’attention portée par Abbal au rendu du mouvement qui impose à ces corps une cadence perceptible. Ces quatre métopes mettent en évidence toute la spontanéité de leur auteur. »1.
C’est en 1913 qu’André Abbal décide de consacrer son œuvre à cette technique. Il souhaite à cette époque affronter la matière et renoncer à la facilité du modelage. C’est en Italie, au contact d’œuvres appartenant à de grands noms comme Michel-Ange, qu’il renforce sa position. Il admire Phidias et ses compères, les statues des cathédrales, les ymagiers. Il attaque alors le bloc de pierre et trouve ainsi sa véritable voie : la taille directe, dont il devient « l’apôtre ». Ces quatre métopes reflètent justement cet art robuste et antiquisant, ou la pierre fait partie intégrante de l’œuvre. « Art figuratif sans doute, mais aux limites de l’abstraction, par cette sobriété géométrique simple qui ne garde que les éléments essentiels d’une figure pour lui donner de participer au monumental, quel qu’en soit le format. »2.
Avec ses marmousets, Abbal fait référence à la Renaissance et ses petits angelots. Il adopte également un vocabulaire et un répertoire antique. Il ne fut pas le seul à pratiquer cette technique, Zadkine ou encore Brancusi l’ont pratiqué aussi, mais, selon les propos de Louis Vauxcelles, André Abbal cherchait à créer « selon la méthode rationnelle » et obéissait « à l’appel de sa race et de la tradition »3.

(1). CAUDESAYGUES (Anne), La personnalité et l’œuvre d’André Abbal, maîtrise universitaire présentée sous la direction de Claude Bédat, Université de Toulouse le Mirail, 1992-1993, p.121.
(2). ESQUIROL (A.M.), catalogue réalisé lors d’une vente aux enchères de certaines sculptures, sans date, p.10.
(3). VAUXELLES (Louis.), catalogue réalisé lors d’une vente aux enchères de certaines sculptures, sans date, p.6. |