Notice
Étude

Documentation

Illustrations

Etude

Sculpture
Buste de
Jeanbon Saint-André

Montauban, rue Bessières


Palissy

Cette sculpture a pris place près de l'Ancien Collège des Jésuites le 19 décembre 1987. Oeuvre de Yolande Cartigny Rouselot Payllet (née en 1950), ce bronze rend hommage à l'un des personnages historiques originaires de Montauban : Jeanbon Saint-André (1749-1813).

  MON01820024NUC


Note complémentaire

Ville natale de Bourdelle, Montauban offre au visiteur un florilège d'œuvres sculptées. On les trouve au détour d'une rue, au milieu d'une place au devant d'un espace vert. Partout où l'espace le permet fleurissent des sculptures. La part belle est faite à l'enfant du pays mais plusieurs artistes contemporains enrichissent de leurs oeuvres originales le patrimoine montalbanais.
Bon nombre des œuvres présentes sur le domaine public sont des commandes que la ville a adressées aux artistes de la région. Cette volonté s'est particulièrement faite sentir au milieu des années 1980. Force est de constater que non seulement ces commandes sont à Montauban synonymes de "promotion des artistes locaux" (1) mais encore qu'elles rendent hommage à des personnages de l’histoire locale, comme le Buste d’Adolphe Poult ou encore Olympe de Gouges. Il apparaît que la représentation sculptée d’un personnage de l’histoire locale participe a renforcer l’identité de la ville et à nourrir la mémoire collective. 

I. HISTORIQUE

L’homme représenté est Jeanbon Saint-André (1749-1813). Originaire de Montauban, il fut ministre protestant dans le Tarn, député à la Convention Nationale, proconsul en Algérie. Il eut également d’importantes responsabilités sous le Directoire et le Consulat puis devint Préfet de Mayence en 1801 où malgré l’image qu’il pouvait représenter, celle de l’ennemi, il fut toujours accueilli en véritable héros. Jeanbon Saint-André est également à l’origine du drapeau tricolore. L'original du buste, exécuté en 1984, est en noyer et a été travaillé en taille directe. Il existe trois tirages en bronze qui se trouvent respectivement à Chicago, Mayence et Montauban, réalisés en 1987. Le buste montalbanais fut inauguré le 19 décembre 1987.

La manière dont Yolande Cartigny traite le personnage révèle bien la ténacité de Jeanbon Saint-André, " ténacité de l’homme face à l’océan, la guerre et même face à l’empereur qu’il osait contester". Elle parvient à donner au personnage autant de force physique que de force mentale ; Elle insuffle la vie à son œuvre et lui confère une réelle présence psychologique. "L’auteur a scrupuleusement étudié l’expression intense, incisive, inflexible de ce haut personnage des tempêtes révolutionnaires. "(2). 

ii. DESCRIPTION 

Ce buste en bronze représente un homme qui porte un chapeau, un foulard, une chemise à col ouvert et qui a les bras croisés. Sa tête est légèrement tournée vers la gauche. Son visage dégage du sérieux et de la justesse. Les yeux sont traités de manière particulière puisque de la matière est extraite pour créer l’iris, ce qui confère au personnage un regard profond. Le buste en bronze est posé sur un socle en ciment et en brique sur laquelle est fixée une plaque de marbre. L'artiste confère à la représentation de ce personnage toute la force physique et mentale dont il a fait preuve.

III. INTERPRETATION

L’artiste réalise ici le buste d’un personnage dont la seule représentation qui existait est un dessin exécuté par David le 8 juillet 1795, conservé aujourd’hui aux Etats-Unis, et qui présentait Jeanbon Saint-André de profil. Cette donnée montre la performance dont Yolande Cartigny a fait preuve puisque d’après ce dessin elle a su réaliser le portrait sculpté de l’homme. Certains rapprochent son travail de celui de Houdon pour le traitement des yeux et la psychologie que ses visages laissent transparaître. " Elle puise son goût pour l’intense chez Girardon, sa précision chez Houdon et son charme chez Michel-Ange. "(3). Charlotte Olivier dit : " sa sculpture relève du don, elle ne se réclame d’aucune école (…) et cela donne des regards qui vous fouillent et vous pourchassent bien après que vous ayez quitté son atelier." (4). L’artiste, elle, dit "s'approprier les formes humaines pour leur faire vivre mes émotions." (5). 
 
 
Emilie Consolle, Roland Chabbert
octobre 2003



(1). Émilie Consolle, La sculpture publique à Montauban 1780-2002, mémoire de maîtrise, Université de Toulouse II le Mirail, 2002, p. 16. 
(2). "Deux villes et un buste" dans La Dépêche du Midi, 31 janvier 1984, p.15, auteur non connu.
(3). "Une saint-antoninoise à l’honneur" dans La Dépêche du Midi, aucune autre information
(4). Article de Charlotte Olivier, aucune autre information
(5). idem, ibidem

 



 
 

     
animation du patrimoine - centre d'interprétation de l'architecture et du patrimoine
Ancien collège - 2 rue du Collège - 82000 Montauban
tél/fax : 05 63 66 04 49



© Ville de Montauban, service animation du patrimoine, 2005