Étude Sculpture Un Soir Montauban, jardin des Plantes, rue de l'abbaye Note succinte Cette sculpture en pierre prend place dans le Jardin des Plantes. Réalisée par Jean Boucher (1870 - 1939), d'abord installée dans le square Picquart au début du siècle, elle a été déplacée au Jardin des Plantes dans les années 1930. | |  | Note complémentaire Ce groupe sculpté a été offert à la ville de Montauban en 1900 par le directeur des Beaux Arts afin d'orner une place publique 1. Cette oeuvre fut installée dès 1902 dans le square de l'hôtel de Ville 2 (aujourd'hui square Picquard) à proximité de la nouvelle bibliothèque municipale. Ce square venait d'être achevé et il pouvait ainsi se voir enrichi d'une oeuvre d'art. Ce groupe sculpté a ensuite été déplacé vers le Jardin des Plantes où il figure encore aujourd'hui.
I. description
Cette œuvre en marbre figure un jeune couple, assis côte à côte sur un banc. Le jeune homme, sur la gauche, enlace de son bras gauche la jeune femme. Sa main droite est posée sur celle de sa partenaire. Son regard semble se diriger vers le ciel. La jeune femme vient poser sa tête sur la joue de l’homme, le regard au loin, la tête légèrement rejetée vers l’arrière. Sa main gauche tient celle du personnage masculin tandis que sa main droite est posée sur sa cuisse. Ses pieds sont croisés. Leur torse se dirige sensiblement vers la gauche, même si la jeune femme regarde devant elle. Un drapé la recouvre à mis-corps et cache le sexe de l’homme. Ils adoptent tous deux une attitude pensive, rêveuse. I. interpretation
Jean Boucher est un sculpteur classique qui peut être rapproché de Rude par le traitement de l’expression. En effet, il insuffle à ses personnages un lyrisme intérieur si puissant que cela leur confère un héroïsme poussé à l’extrême. «(…) au fur et à mesure que la maîtrise s’affirmait, le créateur sentit de plus en plus la nécessité de s’appuyer sur une architecture secrète, et après avoir usé presque à l’extrême du mouvement pittoresque, il en vint à donner à ses figures une simplicité quasi hiératique, mais non moins impressionnante que l’éloquence extérieure des gestes et des expressions (…). »3. Plus que la qualité du rendu et des détails, c’est ici l’expressivité de ces personnages qu’il est juste de citer. Le mouvement est simple, mais l’attitude pure et rêveuse de ce groupe est puissamment rendue. " La nouveauté des attitudes et l’ingéniosité de l’arrangement ne frappent pas moins, dans le groupe de Montauban, que la pureté exquise du sentiment. "4. Il est vrai que Jean Boucher représente ici un jeune couple, chaste et pur. Leur attitude, le drapé, donne un côté antiquisant à l’ensemble. Ce couple assis se perd dans de lointaines pensées d’espoir et d’avenir, face à la douce lueur d’un soir et il s’en dégage une extrême douceur, le simple bonheur de l’instant présent. Emilie Consolle, Roland Chabbert octobre 2003  (1). Une délibération du conseil municipal du 16 octobre 1901 fait état du don et de ses conditions. (2). Délibération du conseil municipal du 19 avril 1902. (3). Larousse mensuel, janvier 1937, n°359, documentation du musée d’Orsay. (4). THIEBAULT-SISSON, Le Salon de 1896, Paris, 1896, p.p.60-61, documentation du Musée d’Orsay. |