Etude
Sculpture
Fontaine-sculpture
Montauban - 2, quai
de Verdun Ancien
Carmel
Direction Départementale de l'équipement
Palissy
Cette fontaine-sculpture réalisé
en 1981par Jean Amado pour la Direction Départementale
de l'Équipement invite au voyage et renvoie aux
déserts arides de lointains continents.
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I. HISTORIQUE
Cette fontaine-sculpture entre dans le programme de décoration
de la Direction Départementale de l’Équipement
lors de la restructuration des locaux qui a eu lieu en 1981.
iI. DESCRIPTION
Intégrée aux vestiges du mur de l’ancienne
chapelle, la sculpture-fontaine vient l’envelopper,
comme une sorte d’écorce qui seule aurait subsistée.
L’eau s’écoule par deux rigoles horizontales.
L’eau s’écoule par deux rigoles horizontales.
De larges fissures, creux, stries, confèrent à
l’élément sculpté l’apparence
d’une terre rendue aride par la sécheresse. L’artiste
a utilisé du ciment et du sable de basalte, ainsi que
de l’oxyde de fer qui confère une couleur gris-ocre
à l’élément.
III. INTERPRéTATION
Cette œuvre est, selon les mots de l’artiste, une
" sculpture-fonction " (1).
Ce dernier souhaitait que l’architecture et la sculpture
ne fassent qu’un et rêvait ainsi aux " sculptures
habitables " (2). L’élément
sculpté semble être comme une peau minérale
qui se serait développée sur le mur par phénomène
de sédimentation. Georges Duby parle de " ruines
d’un rêve, emblèmes de la fuite impossible.
Devenues comme les figures de l’aridité, du désert,
débris de villages calcinés sous le sable des
vents, greniers abandonnés au pillage des insectes
taraudeurs. " (3). Les failles
que présente cette écorce sont comme une invitation
au voyage "vers le profond de l’intérieur
(…) où (…) les germinations se préparent.
Au cœur de la carapace, la vie en effet renaît. "
(4). L’imaginaire de chacun peut
être nourri puisque la terre fait référence
à diverses notions telles que la naissance ou encore
l’habitat et qu'en plus elle adopte ici une forme qui
peut évoquer la ruine, le fossile, l'eau...
L’œuvre de Jean Amado montre des terres arides,
ruines de palais ou autres demeures, abandonnées aux
insectes fouineurs. Pierre Gaudibert définit ainsi
l’œuvre de l’artiste : " Une
œuvre chargée d’imaginaire à la fois
archaïque et personnelle qui s’adresse à
l’imaginaire de tous, tel est le résultat des
démarches indissolublement poétiques et rigoureuses
de Jean Amado, au carrefour d’appels d’errances,
de navigations entrecroisées. " (5).
Emilie Consolle, Roland Chabbert
novembre 2003

(1). AMADO Jean, Jean Amado, juin-septembre
1973, Pavillon Vendôme, Aix-en-Provence, p.32.
(2). idem ibidem, p. 11.
(3). DUBY Georges, Jean Amado, Galerie Jeanne Bucher,
30 septembre-30 octobre 1976, Paris, non paginé.
(4). idem ibidem.
(5). AUDIBERT Pierre, Amado, 10 janvier-12 mars,
Musée de Grenoble, non paginé
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